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Pourquoi faut-il une
Académie des céphalées ?

Les céphalées sont souvent considérées comme un trouble banal du quotidien, qu’un simple comprimé suffirait à faire disparaître. Les chiffres racontent une tout autre histoire : elles comptent parmi les maladies les plus fréquentes et sont responsables de davantage d’années vécues avec un handicap que toutes les autres affections neurologiques réunies. Des traitements efficaces existent aujourd’hui. Pourtant, les céphalées restent encore trop rarement reconnues et correctement traitées.
 

Les trois sections suivantes expliquent pourquoi. Elles conduisent à un constat formulé sans ambiguïté par l’OMS : le problème central n’est pas médical, mais relève de la formation.

  • Les céphalées – un lourd fardeau pour les personnes concernées et pour la société

    Les céphalées primaires – principalement la migraine, la céphalée de tension et l’algie vasculaire de la face – sont très répandues, sous-diagnostiquées, insuffisamment traitées et fortement stigmatisées. En raison de leur prévalence élevée, de leur chronicité, de leurs comorbidités, de leurs conséquences à long terme et de l’importante charge de handicap qu’elles imposent aux personnes concernées, elles constituent un grave problème de santé publique mondial. (1, 2, 3a) La céphalée de tension et la migraine occupent les deuxième et troisième rangs des maladies les plus répandues dans le monde. (4)

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    En Suisse, on estime que plus d’un million de personnes vivent avec une migraine d’intensité variable : une femme sur cinq, un homme sur quatorze et un enfant scolarisé sur dix – avec une tendance à la hausse. (5, 6) C’est davantage que le nombre de personnes atteintes de diabète, d’asthme et d’épilepsie réunis. (7) Plus de 200 000 personnes souffrent en outre de céphalées quotidiennes, souvent en raison d’un abus de médicaments contre la douleur. (8)

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    Les céphalées sont responsables de plus de 75 % des années vécues avec un handicap dues aux maladies neurologiques, y compris les accidents vasculaires cérébraux, les démences, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques et l’épilepsie. (3b) À l’échelle mondiale, la migraine est la première cause de handicap lié à une maladie chez les moins de 50 ans (9) et l’affection strictement neurologique la plus coûteuse. Certaines données indiquent toutefois que d’autres céphalées primaires pourraient entraîner des coûts tout aussi élevés. (10)
    En Suisse, les coûts socio-économiques de la migraine sont estimés à plus de 600 millions de francs par an. (11) Les personnes migraineuses présentent par ailleurs un risque accru d’accident vasculaire cérébral, de maladie cardiovasculaire, d’épilepsie, de dépression, de troubles anxieux et de douleurs chroniques. (12)

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    Prise en charge des céphalées

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    Malgré ces données marquantes, le grand public et une grande partie des professionnels de santé banalisent encore les céphalées primaires, les considérant comme un trouble sans gravité ou un prétexte à l’absentéisme, et supposent que de simples analgésiques suffisent.
    Chez les personnes concernées, la crainte de la stigmatisation et le doute envers leurs propres symptômes constituent souvent les principaux obstacles à une consultation spécialisée. (13)

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    La douleur, la sensibilité à la lumière, les nausées ou les vertiges sont généralement invisibles pour l’entourage. Les personnes migraineuses subissent une stigmatisation comparable à celle des personnes atteintes d’épilepsie ou de trouble panique. (14)

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    Les céphalées peuvent être traitées. Des critères diagnostiques clairement définis sont librement accessibles, des conférences nationales et de nombreux séminaires régionaux ont été consacrés aux recommandations thérapeutiques, et les options médicamenteuses, non médicamenteuses ainsi que les outils d’autogestion sont aujourd’hui bien développés. Pourtant, les études récentes dressent un constat préoccupant de la prise en charge :
    Dans des échantillons représentatifs de la population de dix pays européens, moins de 20 % des personnes migraineuses avaient consulté un médecin de premier recours ou un spécialiste. (15) Environ un tiers des personnes concernées avaient reçu, en médecine de premier recours, un traitement ciblé conforme aux recommandations fondées sur les données probantes. (15)

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    La prise en charge était nettement meilleure dans les échantillons recrutés par l’intermédiaire d’organisations d’entraide. (15)
    Dans tous les échantillons, les personnes les moins bien prises en charge étaient celles qui recouraient exclusivement à l’automédication. (15)
    Plus de 50 % des personnes migraineuses n’obtiennent un diagnostic correct qu’après plus de cinq ans. Faute de connaissance des critères diagnostiques, plus de 50 % se voient prescrire des examens coûteux et inutiles, qui mobilisent en outre inutilement les ressources du système de santé. (16, 17) Chez les personnes atteintes d’algie vasculaire de la face (« suicidal headache », céphalée d’une intensité extrême), le délai moyen jusqu’au diagnostic correct est de 5,3 ± 6,4 ans en Europe. (18)
    Moins de 30 % des personnes concernées connaissent leur diagnostic et environ 70 % se soignent elles-mêmes, sans connaître les risques d’une automédication non encadrée ni les traitements appropriés. Seules 14,5 % d’entre elles ont déjà reçu la recommandation de limiter la fréquence de prise des traitements aigus contre les céphalées. (19)

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    Les personnes concernées se sentent démunies ; la stigmatisation et la banalisation par l’entourage favorisent le doute et la perte d’estime de soi. Les troubles psychiques sont deux à trois fois plus fréquents chez les personnes atteintes de céphalées. La dépression et l’anxiété influencent très défavorablement la sévérité de la maladie – notamment sa chronification – ainsi que le résultat du traitement, avec un risque de résistance thérapeutique et d’abus médicamenteux. Elles sont également associées à un recours accru aux soins et à une aggravation du handicap lié aux céphalées. Leur détection et leur prise en charge précoces sont indispensables au succès du traitement. (20, 21, 22)

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    Formation des professionnels de santé aux céphalées

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    À l’échelle mondiale, seules quatre heures sont consacrées aux céphalées dans la formation initiale des étudiants en médecine. (23) La situation est comparable, voire moins favorable, dans la formation initiale des pharmaciennes et pharmaciens. (24)
    Les personnes concernées font face à un déficit d’information considérable : il est difficile de trouver des informations complètes, neutres et équilibrées. Les contenus partiaux, incomplets, trompeurs ou promettant une guérison sont fréquents.
    L’OMS résume ainsi la nécessité d’agir dans le domaine des céphalées. (25)
    « L’échec consternant des systèmes de santé face aux céphalées primaires trouve son origine dans l’insuffisance de la formation à tous les niveaux, dans le manque généralisé de compréhension qui en découle et dans l’utilisation inutile et inadéquate des ressources. »

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    Pourquoi l’Académie des céphalées ?

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    Si la cause réside dans la formation, c’est là que la réponse doit commencer. Environ 70 % des personnes concernées se soignent elles-mêmes et moins de 20 % consultent un médecin. La pharmacie est le lieu où ces personnes se rendent réellement – souvent plusieurs fois par an, pendant des années, sans avoir jamais reçu de diagnostic.
    C’est le principal levier encore inexploité du système de soins. Connaître les critères diagnostiques permet de repérer un abus médicamenteux avant qu’il ne devienne chronique. Poser les bonnes questions permet d’identifier la migraine derrière une supposée sensibilité aux changements météorologiques. Savoir quand une évaluation médicale est nécessaire permet d’éviter des années de prise en charge inadaptée.

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    L’Académie des céphalées comble les lacunes de la formation initiale en proposant aux équipes officinales des formations continues fondées sur les données probantes, orientées vers la pratique, accréditées, actualisées et adaptées au quotidien du conseil.

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    Sources:

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    1.    Vos T et al. (2012) Years lived with disability (YLDs) for 1160 sequelae of 289 diseases and injuries 1990–2010: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2010. Lancet 380:2163–2196
    2.    Vos T et al. (2015) Global, regional, and national incidence, prevalence, and years lived with disability for 301 acute and chronic diseases and injuries in 188 countries, 1990–2013: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2013. Lancet 386:743–800
    3.    Vos T et al. (2016) Global, regional, and national incidence, prevalence, and years lived with disability for 310 diseases and injuries, 1990–2015. Lancet 388:1545–1602. — 3b) for 328 diseases and injuries for 195 countries, 1990–2016. Lancet 390(10100):1211–1259
    4.    Steiner TJ, Birbeck GL, Jensen RH et al. Headache disorders are third cause of disability worldwide. J Headache Pain 16, 58 (2015)
    5.    Stovner LJ, Andrée C. Prevalence of headache in Europe: a review for the Eurolight project. J Headache Pain. 2010 Aug;11(4):289–99
    6.    Abu-Arafeh I, Razak S, Sivaraman B, Graham C. Prevalence of headache and migraine in children and adolescents: a systematic review of population-based studies. Dev Med Child Neurol. 2010;52:1088–1097
    7.    Headache Disorders – not respected, not resourced. All-Party Parliamentary Group on Primary Headache Disorders, 2010
    8.    Vandenbussche N, Laterza D, Lisicki M et al. Medication-overuse headache: a widely recognized entity amidst ongoing debate. J Headache Pain 19, 50 (2018)
    9.    Feigin VL, Nichols E, Alam T et al. Global, regional, and national burden of neurological disorders, 1990–2016: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016. Lancet Neurol. 2019 Mai;18(5):459–80
    10.    Linde M, Gustavsson A, Stovner LJ, Steiner TJ, Barré J, Katsarava Z, Andrée C. The cost of headache disorders in Europe: the Eurolight project. Eur J Neurol. 2012;19(5):703–711
    11.    Sokolovic E et al. Self-reported headache among the employees of a Swiss university hospital: prevalence, disability, current treatment, and economic impact. J Headache Pain. 2013;14:29
    12.    Jette N, Patten S, Williams J, Becker W, Wiebe S. Comorbidity of migraine and psychiatric disorders – a national population-based study. Headache. 2008 Apr;48(4):501–16
    13.    Korkmaz S et al. Psychiatric symptoms in migraine patients and their attitudes towards psychological support on stigmatization. J Clin Neurosci. 2019;62:180–183
    14.    Shapiro RE, Reiner PB. International Headache Congress 2013, Boston, USA
    15.    Katsarava Z et al. Poor medical care for people with migraine in Europe – evidence from the Eurolight study. J Headache Pain. 2018;19:10
    16.    Ziegeler C et al. Shortcomings and missed potentials in the management of migraine patients – experiences from a specialized tertiary care center. J Headache Pain. 2019;20:86
    17.    Viticchi G, Silvestrini M, Falsetti L, Lanciotti C, Cerqua R, Luzzi S, Provinciali L, Bartolini M. Time delay from onset to diagnosis of migraine. Headache. 2011 Feb;51(2):232–6
    18.    Voiticovschi-Iosob C et al. Diagnostic and therapeutic errors in cluster headache: a hospital-based study. J Headache Pain. 2014;15(1):5
    19.    Steiner TJ, Stovner LJ, Katsarava Z, Lainez JM, Lampl C, Lantéri-Minet M, Rastenyte D, Ruiz de la Torre E, Tassorelli C, Barré J, Andrée C (2014) The impact of headache in Europe: principal results of the Eurolight project. J Headache Pain 15:31
    20.    Albers L et al. (2014) Potentiell vermeidbare Risikofaktoren für primäre Kopfschmerzen. Bundesgesundheitsblatt – Gesundheitsforschung – Gesundheitsschutz 57(8)
    21.    Lampl C et al. (2016) Headache, depression and anxiety: associations in the Eurolight project. J Headache Pain 17:59
    22.    Lantéri-Minet M, Radat F, Chautard MH, Lucas C. Anxiety and depression associated with migraine: influence on migraine subjects’ disability and quality of life, and acute migraine management. Pain. 2005;118:319–326
    23.    Gallagher RM, Alam R, Shah S, Mueller L, Rogers JJ (2005) Headache in medical education: medical schools, neurology and family practice residencies. Headache J Head Face Pain. 45(7):866–873
    24.    Wenzel RG, Neidich MR. Headache education in colleges of pharmacy. Ann Pharmacother. 2002 May;36(4):612–6
    25.    World Health Organization. Atlas of headache disorders and resources in the world 2011

  • Rôle et objectifs de l’Académie

    L’Académie des céphalées, une initiative de Migraine Action, conçoit de manière participative des formations initiales, postgraduées et continues sur les céphalées, adaptées aux différents publics cibles, et les met à disposition sur une plateforme de formation accréditée. L’Académie :

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    • permet, grâce à des formats innovants et à des contenus fondés sur les données probantes couvrant la prévention et la prise en charge, d’acquérir rapidement et efficacement les connaissances et compétences propres à chaque public cible ; 

    • soutient la qualité de la mise en œuvre, notamment celle des nouvelles prestations, ainsi que leur évaluation en conditions réelles au regard de leur adéquation, de leur économicité et de leur efficacité.


    L’Académie des céphalées contribue à :

     

    • mettre en place, tout au long du parcours de soins, un système de prise en charge des céphalées centré sur la personne, interdisciplinaire et coordonné, améliorant la qualité, l’efficience et la sécurité du traitement et de l’accompagnement ;

    • approfondir et élargir la compréhension de la maladie et les compétences de prise en charge de l’ensemble des acteurs ;

    • renforcer l’autogestion et les compétences en santé des patients.

  • Durabilité

    • L’Académie des céphalées fait l’objet d’un accompagnement et d’une évaluation scientifiques.
      La protection et la sécurité des données sont continuellement adaptées aux exigences légales, tandis que les technologies et les contenus sont régulièrement actualisés.

    • Les recettes issues des accréditations doivent assurer une base durable pour le financement et le développement de l’Académie des céphalées.

    • Toutes les personnes participantes reçoivent régulièrement une newsletter et peuvent recourir à la ligne d’assistance, disponible du mardi au jeudi de 9 h à 12 h au 061 423 10 80.

    • Les questions écrites peuvent être adressées à info@migraineaction.ch.

    • L’évolution des connaissances et des comportements induite par les offres de formation initiale, postgraduée et continue sur les céphalées est intégrée à leur évaluation.

    • Les formations sont certifiées par les sociétés professionnelles compétentes pour chaque groupe cible.

    • Dans la mesure du possible, les nouvelles prestations issues des formations doivent être intégrées aux soins de premier recours.

    • Une carte des professionnels accrédités et de leurs réseaux est publiée sur le site de Migraine Action.

  • Activités Step by step

    Public cible : personnes atteintes de céphalées et personnes intéressées

    Afin de renforcer les compétences en santé des personnes atteintes de céphalées et de toute personne intéressée par ces maladies, Migraine Action propose sur www.migraineaction.ch un large éventail d’informations – newsletter, rubrique « Céphalées de A à Z », chaîne YouTube, outil de recherche de spécialistes, etc. – ainsi que de nombreux services individuels directs, notamment des conseils par téléphone et par écrit.
    Migraine Action organise également chaque année une campagne interprofessionnelle de sensibilisation, des conférences publiques et des projets de recherche centrés sur les patients.

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    Public cible : pharmacies

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L’Académie des céphalées propose des formations accréditées sur les céphalées. Elle associe des contenus fondés sur les données probantes à des formats d’apprentissage innovants, résolument orientés vers la pratique.

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Notre objectif est une prise en charge centrée sur la personne, interdisciplinaire et coordonnée – portée par des professionnels qui identifient et traitent correctement les céphalées, et par des patients capables de gérer activement leur maladie.
 

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